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mlav.land | à propos

vers quel percept architectural ?

L’architecture comme outil créé une limite induisant une union ou une scission résultant en deux espaces de qualités distinctes. Peut-on, avec cet outil architectural qui est le nôtre, manipuler cette limite encore amenée à évoluer, indéfinie, qui existe entre deux corps, qu’ils soient de natures humaines, machiniques, ou combinant ces deux entités ?

Une question que nous avons déjà posé est celle de la définition de l’humain et de la machine ; de quel ordre est la différenciation entre ces deux entités ? Sont-elles différenciées ? L’une est-elle une sous-partie de l’autre ? Est-ce que la somme de ces deux entités mène à la création d’une troisième ? Est-ce que cette troisième entité se différencie des deux autres ? Est-ce une sous-partie des deux autres ?

Approcher ces questions de manière historique et technique, c’est considérer la machine comme une extension de la force opératoire de l’humain sur son environnement. Comme une externalisation de sa mémoire et de ses connaissances, et comme moyen de connexions entre les individus.

Dans le second chapitre du cinquième livre de Notre-Dame de Paris, Victor Hugo titre “Ceci tuera cela” son argument sur la prépondérance que prend l’imprimerie sur l’architecture. La reproductibilité technique du langage entraîne selon lui une mutation de la connaissance, autrefois inscrite architecturalement, symbolique, statique, contextualisée, vers une volatilité du langage, reproductible sous la forme du livre. Le langage des bâtiments devient langage portatif, diffusable, traductible.

La machine, comme une extension de la force opératoire de l’humain sur son environnement poursuit cette externalisation de la connaissance, d’une manière autre. Cette poursuite se caractérise par un nouveau langage, qui vient s’additionner à ceux préexistants ; un langage de la donnée, qui vient poser sur le monde une nouvelle grille de lecture capable de le nommer, de le reconnaître, de le mesurer. Le passage d’un langage-connaissance humain à un langage informationnel instantané machinique mène à une préexistence de l’information sur la connaissance et l’expérience.

Précisons que la différence de nature qu’il existe entre mémoire humaine et mémoire machinique se caractérise avant tout dans la capacité de l’humain à oublier, ou à ré-interpréter perpétuellement ses souvenirs. L’expérience, inscrite dans la mémoire corporelle, peut être l’objet d’une tentative de transmission par le langage. Elle se trouve alors être cette réinterprétation d’une perception, compressée puis exprimée.

Une partie de notre subjectivité reste intrinsèquement liée à la mémoire corporelle ; purement individuelle, dépendante de notre corps. L’expérience est de ce fait subjective, puisque toujours composée de perceptions singulières. C’est à cette bribe de subjectivité, à cette force individuelle, plongée dans un objectivisme homogénéisant, que nous voulons nous attacher.